Issu d'une famille comtale proche de la famille royale belge, très attachée au patrimoine culturel et passionnée de musique, Bernard de Launoit (1964-2023) était le directeur général de la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, institution pédagogique privée et non subventionnée qu'il avait totalement redynamisée voici une vingtaine d'années, lui conférant une nouvelle hauteur de vue, et une prestigieuse aura pédagogique internationale tant par les qualités des maîtres en résidence que par le talent des jeunes artistes sélectionnés pour y parfaire leur apprentissage.
Mais Bernard de Launoit était un personnage aux nombreuses facettes : directeur de deux sociétés de productions cinématographiques, passionné d'art contemporain (il avait commencé sa carrière au musée d'art contemporain d'Anvers et à la galerie Isy Brachot) et, sur un plan plus privé, alpiniste-aventurier de haut niveau. Il est décédé il y a deux ans, le 23 mars 2023, au terme de six mois de lutte acharnée et courageuse contre un mal incurable.
L'année suivante, son épouse et leurs quatre enfants, entourés d'amis fidèles, lançaient la fondation Bernard de Launoit dont l'objectif est de soutenir les projets de jeunes artistes ou aventuriers à travers ces quatre passions.
Dimanche dernier, jour anniversaire de la disparition de ce manager hors normes et protecteur des arts, la Fondation a désigné en la salle de gala du Mix-Brussels ses premiers lauréats, selon un principe biennal : cette année ce sont le cinéma ( la réalisatrice Alice Godart pour son film documentaire « Les 9 Doigts de Ses Mains« ) et l'aventure (Anaïs Puig et son équipe pour son projet « Cordon Aysen« , une expédition en Patagonie chilienne) qui sont mis à l'honneur. Le 23 mars 2026, sur la base de dossiers scrupuleusement étudiés, ce seront les prix « Musique classique » et « Arts Plastiques » qui seront attribués.
Sur le plan musical, cette première soirée était animée avec talent et classe par le violoniste belge Lorenzo Gatto et trois membres de son projet Karavan – se réappropriant à leur manière quelques fragments des Quatre saisons de Vivaldi ainsi que le standard traditionnel Misirlou – rendu célèbre par son utilisation déjantée dans Pulp Fiction, le film de Quentin Tarantino. (BH)