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L’OSR et Jonathan Nott invitent Midori à Genève

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Genève. Victoria Hall. 5-II-2025. Claude Debussy (1862-1918) : Clair de lune (arrangement André Caplet) ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Le Sacre du printemps, tableaux de la Russie païenne en deux parties ; Jean Sibelius (1865-1957) : Concerto pour violon et orchestre en ré mineur op. 47. Midori, violon. Orchestre de la Suisse Romande, direction musicale : Jonathan Nott

Dans un programme « début 1900 » prêt à être emmené en tournée en Espagne, puis cet été en Asie, l'OSR et laissent à Genève le plein de lumière à en plaçant le Concerto de Sibelius en dernière partie.

Même si l'arrangement pour orchestre du Clair de Lune par André Caplet apparaît en 1924, et la version pour piano de Debussy autour de 1890, les trois œuvres interprétées au Victoria Hall de Genève par l' datent toutes du début du siècle dernier dans leurs versions définitives.

Pour cette raison, et sans doute aussi en relation avec le son traditionnel de l'ensemble dont il est directeur musical jusqu'en 2026, ne tente jamais vraiment de moderniser le matériau de la première partie. Ni la pièce debussyste, joliment colorée par Caplet, qui permet de mettre déjà en avant les bois de l'ensemble helvétique et son premier violon, ni le Sacre du Printemps d' juste après, où le chef ne cherche jamais les fractures extrêmes. Au contraire, bien que directeur musical de l'Ensemble Intercontemporain auparavant, Nott ne s'intègre ni dans les ruptures d'un Boulez, ni dans la tension massive d'un Karajan, il prolonge plutôt le style d'Ansermet lui-même, mélange de vivacité et de souplesse.

Compressés sur la scène genevoise où ils sont étagés sur sept hauteurs – dont les deux dernières pour les percussions et la cinquième en partant du bas intégralement réservées aux cors – les cent cinq musiciens arborent dans cette acoustique fin XIXe leur véritable identité sonore. Ainsi, dès l'Introduction, se remarque la texture particulière du basson, puis encore celle très identifiée vers le grave de la clarinette basse, à plusieurs moments exceptionnelle. Franches, les attaques des cordes ne sont cependant jamais particulièrement violentes, enveloppées dans une tenue plutôt ronde des notes et du phrasé. Sans exagérer les contrastes, parvient à bien amplifier certaines scènes, dont le Jeu du rapt très dynamique, ou la coda de la Première Partie, plus efficace par son gain de volume et de vigueur que celle de la Danse sacrale finale, trop molle sur les dernières notes pour marquer efficacement.

Après l'entracte, place au concerto. Plus régulièrement invitée en Suisse qu'en France, revient ici au Concerto pour violon de Sibelius, joué pour la première fois lorsqu'elle avait onze ans, alors avec le New York Philharmonic dirigé par Zubin Mehta. Très attentive à son interprétation, et donc plutôt en attente d'être suivie par l'orchestre et le chef, la violoniste japonaise s'y montre toujours aussi agile, notamment dans la cadence du premier mouvement, superbe de finesse et de legato.

Elle est moins expressive dans l'Adagio di molto médian, tout comme l'orchestre est aussi plus retenu, privé des intuitions que le chef semblait détenir au premier mouvement. Cependant, là encore, on peut profiter de la couleur de l'OSR, des cuivres toujours justes et encore de bois d'une teinte propre à cette formation. Un peu trop réservée aussi au finale, n'en offre pas moins un jeu d'une grande pureté sur son Guarneri del Gesù de 1734, sur lequel elle donne à son habitude en bis une pièce de Bach, quasi contemporaine à la fabrication du violon, en l'occurrence le second soir au Victoria Hall de Genève, le Largo de la Sonate n°3 BWV 1005.

Crédits photographiques : © Magali Dougados / OSR

Modifié le 11/02/2025 à 12h51

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Genève. Victoria Hall. 5-II-2025. Claude Debussy (1862-1918) : Clair de lune (arrangement André Caplet) ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Le Sacre du printemps, tableaux de la Russie païenne en deux parties ; Jean Sibelius (1865-1957) : Concerto pour violon et orchestre en ré mineur op. 47. Midori, violon. Orchestre de la Suisse Romande, direction musicale : Jonathan Nott

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