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Mitsuko Uchida et le Mahler Chamber Orchestra fêtent Mozart à Luxembourg

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Luxembourg. Philharmonie. 21-I-2025. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concertos pour piano n° 18 KV. 456 et n° 21 KV. 467 ; Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Concerto pour orgue op. 3 n° 2. Mitsuko Uchida, piano et direction ; Mahler Chamber Orchestra.

En ouverture d'une tournée européenne, la pianiste ne convainc qu'à moitié, comme pianiste mais surtout à la direction d'un orchestre pourtant stimulant.


aime diriger du piano les concertos de Mozart : elle l'a souvent fait au concert, mais aussi au disque ; pour ce concert à Luxembourg, c'est au que revient la tâche de l'accompagner. L'exercice est souvent délicat, tant au niveau de la gestion du son orchestral que des équilibres avec le piano ; sans nier le travail en commun entre la soliste et ses musiciens en amont du concert, il faut bien avouer qu'on a souvent eu l'impression que la direction était plutôt du côté du premier violon que du piano, et le n'a aucune difficulté à se passer de chef.

Les deux concertos au programme ce soir laissent une impression bien différente. Le concerto KV. 456 témoigne d'une tendance commune avec l'enregistrement de la pianiste avec le Cleveland Orchestra : il y a quelque chose d'un peu scolaire dans la conduite du discours, une manière de ne laisser place à aucune ambiguïté en soulignant soigneusement chaque inflexion, chaque tournure mélodique, chaque changement de dynamique. Ici, encore plus qu'au disque, la pianiste en vient à étouffer toute vie dans la partition, donnant l'impression de tempi infiniment étirés (plus encore que ce qu'indique le chronomètre), et les sonorités orchestrales elles-mêmes semblent un peu éteintes – sans parler d'une flûte qui est plus souffle que son à force de vouloir surligner chaque tournure mélodique.

Heureusement, après l'entracte, les choses s'arrangent pour le Concerto n° 21. La flûte retrouve du son, la conduite musicale retrouve de la vigueur, et on peut mieux admirer la richesse sonore de l'ensemble, tout comme la rondeur du son de , efficace et sensible au prix d'une certaine monotonie dans les couleurs du piano – on se retrouve souvent à écouter l'orchestre et à savourer la qualité des hautbois ou des cors plutôt qu'à donner toute sa place à l'instrument-roi.

Entre les deux concertos mozartiens, l'orchestre se retrouve seul pour le deuxième concerto grosso de l'opus 3 de Haendel, après un changement de plateau à peine plus court que l'œuvre elle-même. L'oreille habituée aux interprétations baroqueuses est d'abord perturbée par la sonorité très tranchante de l'orchestre, mais on s'y fait vite, d'autant qu'elle ne s'accompagne pas de la pompe étouffante des interprétations traditionnelles. L'œuvre devient alors un excellent véhicule pour apprécier les qualités des solistes de l'orchestre : la soirée met d'un bout à l'autre les hautbois en avant, mais aussi le basson, et le concerto de Haendel permet aux musiciens, qui jouent cette œuvre debout, de retrouver liberté et spontanéité : on aura ainsi pu voir à quel point le est une formation protéiforme, capable de se plier à toutes les conceptions musicales, tout en préservant toujours sa riche palette sonore.

Crédits photographiques : © Sébastien Grébille

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Luxembourg. Philharmonie. 21-I-2025. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concertos pour piano n° 18 KV. 456 et n° 21 KV. 467 ; Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : Concerto pour orgue op. 3 n° 2. Mitsuko Uchida, piano et direction ; Mahler Chamber Orchestra.

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