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Dima Slobodeniouk, Franz Peter Zimmermann et l’Orchestre de Paris entre fantaisie et mystère

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Paris. Philharmonie, Grande salle Pierre Boulez. 22-I-2025. Felix Mendelssohn (1809-1847) : Le Songe d’une nuit d’été op. 21 et op. 61 ; Edward Elgar (1857-1934) : Concerto pour violon et orchestre en si mineur op. 61. Franz Peter Zimmermann, violon. Orchestre de Paris, direction : Dima Slobodeniouk

L' dirigé par réunit dans un rare et savoureux programme la comédie fantasque du Songe d'une nuit d'été de et le mystère du Concerto pour violon d' interprété par en soliste.


composa l'Ouverture du Songe d'une nuit d'été en 1827 alors qu'il était  encore étudiant à l'Université de Berlin, affirmant par là une impressionnante précocité qui n'a d'égale que la rutilance de cette composition qu'il compléta quelques quinze ans plus tard d'une musique de scène qui retrace magnifiquement toute la magie burlesque de la comédie shakespearienne. Si cette dernière partition qui recrute chœur, solistes et orchestre regorge de poésie et d'enchantement, force est de reconnaitre que ce n'est pas le cas de sa forme abrégée commandée par Frédéric-Guillaume IV, roi de Prusse, qui nous est proposée ce soir, réduite à cinq extraits orchestraux qui en constituent, in fine, un bien pale épigone. nous en livre une lecture assez basique, brut de fonderie, distanciée, rigide et peu nuancée, parfaitement en place, portée par de splendides performances solistiques, mais bien insuffisante à nous émouvoir car se réduisant à un bel exercice d'orchestre. Théâtrale, dynamique, contrastée, l'Ouverture, habitée de fanfares cuivrées, de bruissements des cordes et de pépiements des bois, installe le climat enchanté du royaume d'Obéron ; le Scherzo, bondissant et dansant, met en avant le basson et la flute ; l'Intermezzo valorise cordes graves et petite harmonie mais manque singulièrement de fièvre et d'inquiétude pour retranscrire musicalement la course des amants, égarés dans la nuit ; le Nocturne peine à se démarquer par son climat rêveur et romantique insuffisamment marqué, malgré les belles prestations du cor et du basson ; la célèbre Marche nuptiale conclut cette interprétation dans une orchestration d'apparat sur une solennité pesante, un peu hollywoodienne, s'appuyant sur des appels de trompette, des scansions de cordes et des martèlements de timbales quelque peu excessifs.

Comme annoncé par l'épitaphe inscrite sur la première page de la partition : « Aqui esta encerrada el alma de … » le mystère reste entier, à l'instar des Variations Enigma, quant à la personnalité qui inspira ce Concerto pour violon commandé par Fritz Kreisler, et composé en 1910 par . Au long des cinquante minutes et trois mouvements, en dresse un tableau somptueux associant lyrisme, méditation et virtuosité. Après une entrée captivante de douceur au sein du tissu orchestral de l'Allegro initial, on est immédiatement séduit par le jeu envoutant, virtuose et haletant, plein de nuances, de dans une lecture enflammée qui associe lyrisme et contemplation, orage et tourment. L'interprétation est hélas pénalisée par la direction trop abrupte de , rendant l'équilibre précaire entre soliste et orchestre. L'Andante débute dans un climat quasi religieux (cordes) avant qu'un émouvant dialogue méditatif ne se développe entre le violon et la phalange parisienne. Dramatique, virtuose et rhapsodique, l'Allegro molto final renoue avec la virtuosité dans une péroraison haute en couleur, tendue et passionnée en phase avec l'orchestre, interrompue en son mitan par un épisode méditatif et poétique, chargé d'émotion avant que la musique ne s'achève dans une solennelle apothéose.

Le Roi des Aulnes de Schubert (Erlkönig) dans la transcription pour violon de Heinrich Wilhelm Ernst conclut le concert sur une virtuosité sidérante.

Crédit photographique : Dima Slobodeniouk © Mathias Benguigui ; Franz Peter Zimmermann © Irene Zandel  

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Paris. Philharmonie, Grande salle Pierre Boulez. 22-I-2025. Felix Mendelssohn (1809-1847) : Le Songe d’une nuit d’été op. 21 et op. 61 ; Edward Elgar (1857-1934) : Concerto pour violon et orchestre en si mineur op. 61. Franz Peter Zimmermann, violon. Orchestre de Paris, direction : Dima Slobodeniouk

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