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Les chambristes du Philharmonique de Berlin exaltent la musique de chambre de Ravel

Quand les chefs d'œuvre de rencontrent des interprètes d'exception…

Pour ce florilège ne convoquant que des chefs d'œuvre absolus de la musique de chambre de Ravel, a regroupé autour de lui toute la fine fleur des solistes du Philharmonique de Berlin : un moment de musique rare qui donne à entendre toutes les facettes du génie ravélien en matière de couleurs, de rythmes et d'orchestration.

Alternant flux et reflux dans un balancement savamment dosé, tout en délicatesse, hésitant entre langueur et effusion lyrique, Introduction & Allegro, véritable concerto pour harpe en miniature, déploie son climat charmant, presque irréel, dans une magie de timbres rythmée par les cascades et ruissellements de la harpe de .

Avec le Quatuor en fa majeur, chargé de traits ravéliens plus audacieux, on touche au sommet du répertoire pour quatuor à cordes. On y apprécie l'organisation des différentes lignes, la limpidité et l'équilibre de la polyphonie tout autant que le charme, l'élégance et la grâce naturelle qui s'en dégagent, avec un Allegro associant une superbe ligne mélodique et des contrastes bien contenus, un second mouvement très rythmique où l'on admire la rigueur de la mise en place et le tranchant des attaques, un Très lent, plein de mystère agrémenté de quelques accents orientalisants, avant un dernier mouvement récapitulatif virtuose et virevoltant, chargé d'urgence, concluant de belle manière une interprétation en tous points remarquable.

La Sonatine en trio, à la fois lyrique et méditative s'appuie sur un échange très poétique mené sans pathos excessif, entre la flûte, la harpe et l'alto d', tandis que la Sonate pour violon et violoncelle, emprunte, quant à elle, un langage bien différent, plus enflammé, aux contours harmoniques plus tourmentés et à la ligne mélodique plus chaotique dans un dialogue serré entre les deux instruments aux accents presque motoristes dans le deuxième mouvement, plus apaisé dans le troisième qui déploie une longue cantilène élégiaque et douloureuse, avant un dernier mouvement envoûtant jusqu'à la rupture.

Le Jardin féerique, extrait de Ma Mère l'Oye dans une transcription quasi symphonique de Stephan Koncz retrouve l'ensemble du septuor pour une lecture apaisée, teintée de solennité refermant un album où tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté.

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