Wayne McGregor pratique une belle danse unisexe et super laxe, basée sur l'en dehors, le déhanché et l'extension, comme William Forsythe a pu l'utiliser à une période de son œuvre.
Cette malléabilité du corps ne sert pourtant pas un propos difficile à cerner. Dans un décor d'abord statique, délimité par trois pelles de bulldozer géantes, les danseurs se déploient en duos, trios et ensembles mouvants. Virtuose, énergique, la danse ne dégage aucune émotion, aucune narration.
La thématique annoncée par Wayne McGregor dans le programme, l'Intelligence Artificielle, est purement prétexte. Elle ne confère aucun sens à la chorégraphie qui s'applique à devenir de plus en plus brillante et complexe. Les danseurs excellent dans des portés périlleux, des sauts vigoureux et des ports de bras ultra-toniques. Mais l'ensemble de cette démonstration de force laisse le plus souvent indifférent, en l'absence d'intention ou de direction prise par l'écriture chorégraphique. On regarde avec admiration, certes, ces corps évoluer, mais sans rentrer dans l'imaginaire de Wayne McGregor ou partager son intérêt pour la science du cerveau.
Crédit photographique : © Ravi Deepres