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Côté Jazz/Pop/Rock La Huit
Natacha Atlas, la rose pop du Caire
Natacha Atlas. La rose pop du Caire : 1. Ashwa ; 2. Mon amie la Rose ; 3. Lamma Bada ; 4. Amulet ; 5. I put a spell on you ; 6. Motherless child ; 7. Mousstahil ; 8. Shubra ; 9. Mawaal. Line up à Saint-Nazaire : Aly Abdel Alim, percussions ; Nicholas Simms, batterie, Steven Leake, basse ; Eser Ebcin, claviers. Musiciens à Londres : Louai Alhenawi, ney ; Sheema Mukherjee, sitar. Réalisation : Fleur Albert. Production : Stéphane Jourdain. Co-production Festival les Escales de Saint-Nazaire & Télénantes. 1 DVD La Huit. Multizone / DVD. 5 / NTSC. Langue : anglais. Sous-titrage en français. Code barre : 3 760123 561198. Durée totale : 52’’. 2008.
Qui est Natacha Atlas ? Qui se cache derrière ce pseudo que l’on imagine complètement fabriqué par l’industrie musicale ? Qui est cette femme dont l’apparence aux rondeurs orientales affublée de faux cils, paupières à paillettes et lèvres siliconées-glossées, lui vaut cette jolie étiquette de « crooneuse des sables » ? Il fallait ce DVD pour le savoir, entre témoignages de l’artiste et extraits de concert nous voilà plongés dans son univers et ses pensées. Et si nous avions quelques a priori avant de glisser la galette dans le lecteur nous sommes rapidement rassurés par le contenu.
Natacha Atlas, née de père égyptien et de mère anglaise a depuis toujours été baignée dans un halo multiculturel. Dès l’âge de 7 ans elle intègre l’école « Rudolf Steiner » dans le Sussex où elle côtoie des enfants de toutes nationalités. A 16 ans, après un bref passage dans une école de théâtre, elle décide de partir en voyage en Grèce et Turquie où elle redécouvre ses racines culturelles orientales. C’est le départ de la carrière d’une chanteuse dont un objectif principal est de créer un pont entre les cultures comme l’a réussi Peter Gabriel avec la structure Womad. Sa musique plonge dans ses racines ancestrales et fait écho à l’environnement urbain que nous connaissons. Elle travaille aussi avec Sheema Mukherjee au sitar afin de tenter de relier les musiques arabes et indiennes, notamment dans l’utilisation des micro-tons. Rien n’est le fruit du hasard dans le travail de cette artiste qui regrette sincèrement que l’intégrisme fasse reculer l’Islam et par extension l’expression culturelle d’artistes qui ne font plus dorénavant partie que de l’underground culturel de leurs pays et l’Egypte en fait partie. Elle rappelle que dans les années 50-60 on ne voyait aucune femme voilée dans les films d’Abdel Halim Hafez ou Shadia. Dans ces films, on allait même jusqu’à dénigrer le mariage pour mettre en avant les vertus du célibat … Mais cette régression va malheureusement de paire avec certaines images stéréotypées que véhiculent l’occident en proie au dictat de la logique capitaliste. Triste constat qui amène Natacha Atlas à un devoir d’information sur sa culture. A Londres, elle travaille avec Louai Alhenawi sur des poèmes chantés arabes dont la signification se perd aujourd’hui dans l’abrutissement des masses soumises à l’appauvrissement délibéré de l’offre culturelle. Dans une autre approche, elle reprend des textes en français comme « Mon amie la Rose » de Cécile Caulier (chantée par Françoise Hardy) ou des standards américains comme « I put a spell on you » de Screamin’ Jay Hawkins sur des adaptations musicales orientales. La « rose pop du Caire » nous tend la main et nous la prenons volontiers pour la suivre sur le chemin de la liberté où nous chantons avec elle « Crois celui qui peut croire. Moi, j’ai besoin d’espoir sinon je ne suis rien. »
par Christophe Le Gall (20/06/2009) [1063 visite(s)]
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